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L'artiste

Cyprien GAILLARD

Cyprien GAILLARD

Lauréat 2010
Études à l’ECAL, École cantonale d’art de Lausanne
Vit et travaille entre Paris et Berlin
Représenté par la galerie Bugada & Cargnel (ancienne Cosmic Galerie) à Paris
Galerie Bugada & Cargnel, Paris

Nommé au prix Marcel Duchamp en 2010
Rencontre avec l’artiste dans son atelier – 2010

Cyprien Gaillard interroge dans ses photographies, ses vidéos, ses peintures, ou encore ses gravures, l’empreinte de l’homme dans la nature ou l’espace urbain. S’intéressant à l’histoire de l’architecture, il établit des liens entre sites anciens et cités modernes et propose en un sens un inventaire de ce que pourraient être les restes archéologiques de demain. Ainsi, il renouvelle la problématique de la ruine.
En effet, les œuvres de Cyprien Gaillard, en inventant de nouvelles réalités par la concomitance de temporalités variées, se donnent à lire comme des paysages de ruines à venir : construction hybride qui dit le passé tout en niant son existence, la ruine chez Cyprien Gaillard s’accompagne d’une réflexion présente et prémonitoire sur la destruction et la mémoire.

Dans l’une des vidéos de la série Real Remnants of Fictive Wars (2003-2008), l’artiste a filmé un nuage de fumée artificiel qu’il créé grâce des extincteurs industriels, placés près de la Spiral Jetty de Robert Smithson, construite en 1970 à Great Salt Lake dans l’Utah. Engloutie temporairement par une brusque montée des eaux en 1972, cette œuvre emblématique du Land Art atteste avant tout de l’entropie, principe cher à Smithson et caractérisant le pouvoir transformateur et destructeur des forces de la nature. Dans la vidéo de Cyprien Gaillard, le nuage vaporeux qui se dégage de la jetée, comme après l’effondrement d’un bâtiment, montre le lien ténu qui unie destruction et sublime. Ainsi, l’artiste, en simulant le processus de dégradation, met en scène le passage du temps.
Dans sa série de peintures The New Picturesque (2008), il cherche cette fois à faire ressortir le « pittoresque » d’un paysage classique en faisant disparaître les éléments narratifs du tableau sous une couche de peinture blanche qui symbolise une présence fantomatique.
Dans sa diversité, l’œuvre de Cyprien Gaillard semble affirmer que s’il y a une fin de l’histoire et si le monde est un spectacle où cette fin se met en scène, les ruines comme mémoire ont vocation à nous resituer dans le continuum du temps.

H. C.

Artiste Cyprien GAILLARD